
Le 25 mars 2026, Rx Bodo était l’invité du café littéraire Le Marque-Page. Sur la scène du Gazette Café, à Montpellier, il présentait son nouvel ouvrage Des illusions bien courtes, interviewé par Catherine Martinez.
— Qui es-tu, Rx Bodo ?
— Je suis originaire de Paris, mais j’ai passé une grande partie de ma vie dans les pays voisins. La Hollande, l’Espagne et l’Angleterre sont les pays où j’ai enseigné le français en formation professionnelle. Passionné de littérature, je me consacre aussi à l’écriture de fiction. Ces dernières années, j’ai travaillé sur un recueil de nouvelles.
— De quelle mise en scène s’agit-il dans ce recueil?
— Ce sont des histoires courtes, voire très courtes, qui font le portrait de personnages en proie aux illusions d’une vie meilleure. C’est-à-dire des gens qui imaginent leur vie différente de ce qu’elle est vraiment. Cette altération de la réalité les mène à des situations parfois irraisonnables, souvent désopilantes.
— Des histoires très courtes, dis-tu. Peux-tu nous éclairer?
— Il existe plusieurs formats de nouvelles. En général, une nouvelle comprend entre 5000 et 10000 mots (quelques pages). Ici, il s’agit d’un format plus court : environ 1000 mots (une ou deux pages). On les appelle Flash Fiction, en anglais ou Micro-récits, en français. C’est très populaire à notre époque où les supports numériques incitent à lire des textes brefs.
— Quelles sont les caractéristiques de ce format de nouvelles?
— Au lieu de raconter une intrigue, avec une résolution finale, ce format très court favorise plutôt des récits de situation, avec une réalisation finale. Le nombre des personnages est limité à un seul point de vue, et la plus grande partie de l’histoire est sous-entendue, laissée à l’imagination du lecteur. On se focalise ici sur un moment de la vie du personnage.
— Où et quand se déroule l’action dans tes nouvelles?
— Les scènes où figurent les personnages se déroulent de nos jours, dans la ville de Londres.
— Pourquoi Londres?
— C’est là où j’ai pris mes notes d’observation. C’est aussi là où j’ai participé à des ateliers d’écriture créative pour les nouvelles. Donc, tout mon matériel de travail était en anglais, à l’origine.
— Tu as écrit les nouvelles en anglais et tu les as ensuite traduites en français?
— Oui. J’ai toutefois tenu à conserver l’ambiance d’origine. Donc, même si les situations évoquées pourraient se passer n’importe où, de nombreux détails rappellent que Londres est la toile de fond de ce recueil.
— Et pourrais-tu nous expliquer le choix de ce titre: Des illusions bien courtes?
— La liaison dans Des illusions donne un double sens au titre : entre illusion et désillusion. Cet effet phonétique renvoie au mot Delusion, dans le titre anglais, qui veut dire: illusion, fantasme, délire… difficile à traduire littéralement. Delusions of grandeur se traduit par folie des grandeurs. Quant à bien courtes, c’est que les fantasmes de mes personnages sont éphémères. Ils sont vite ramenés à leur réalité, en moins de 1000 mots.
— Et pourquoi, justement, les personnages de tes histoires se perdent-ils dans leur imaginaire?
— Le jeu des miroirs qui déforme la personnalité est un thème récurrent dans mes fictions. Mon premier roman, «Galatea», présentait des personnages qui trichaient sur qui ils étaient : Ce qu’on voit de moi n’est pas qui je suis. Ici, les personnages sont plutôt victimes de leurs propres illusions : Ce que je crois de moi n’est pas qui je suis.
— Et quand pourrons-nous découvrir ce recueil de nouvelles?
— Le livre sortira plus tard dans l’année. D’ici là, des nouvelles seront régulièrement publiées sur mon site d’auteur. Abonnez-vous pour ne pas les manquer.
— Merci pour ce partage.
— Merci à vous et bonne lecture.
Lecture de la nouvelle > La coupe kebab <


















